Samedi 23 avril 2011
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19:17
Un jour, tu m'as demandée quel était mon style de mec. J'ai ri, et plus sérieusement j'ai réfléchi. Car au-delà de cette
question anodine, tu cherchais à savoir comment savoir si ce mec est "the one" ou une ombre furtive dans ta vie.
En primaire, je ne me m'intéressais pas aux garçons. Au collège, ils sont devenus des "mecs", et leur virilité a commencé à
m'intriguer. Mon chevalier était dans mes rêves blond aux yeux verts; malheureusement, mon modèle était un grand du lycée qui n'avait que faire de la gamine que j'étais, et les rares fois où il
se penchait pour me faire la bise, je devenais invariablement un homard bien cuit et penaud.
Au lycée, mon amour platonique était parti et mon mec idéal est devenu un homme romantique, aux cheveux noirs et au regard
bleu clair.
Après le lycée, les mecs sont devenus des hommes; leur personnalité, leur manière d'être a commencé à importer dans mon
regard sur la gente masculine. J'ai rêve d'un homme solide, qui saurait me protéger voire de me sauver de cette existence futile et oisive. Un homme tranquille, pour équilibrer mon âme
torturée.
Et ce qui est important, c'est que je l'ai trouvé.
Par laure
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Dimanche 8 août 2010
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20:19
Il y a des choses pas faciles à entendre. Et il existe aussi les grands spécialistes qui se chargent de poser les questions qui fâchent. Ces questions gênantes,
pour des raisons diverses; en ce qui me concerne, ce sont des sujets qui ramènent à des souvenirs inavouables, des instants que je souhaiterais ne jamais avoir vécu ou bien revivre d'une autre
manière.
Toi ... tu es l'un de ces spécialistes; parce que tes souffrances font un peu trop écho aux miennes. Parce qu'on s'est connus à un moment très spécial, très noir et
plein de cauchemars pour moi. Parce que te voir m'y ramène parfois. Peut-être aussi parce que je suis restée à fleur de ce qui ne s'est pas passé.
Par laure
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Dimanche 8 août 2010
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12:50
L'intelligence fait mûrir; on en bave dès l'école primaire pour peu qu'on en soit pourvu... Je n'en ai que trop souffert. Les instituteurs et les spécialistes
appellent ça la précocité intellectuelle. Dixit le dictionnaire : "les enfants dont le développement intellectuel est plus rapide que celui de la moyenne des enfants du même âge."
L'anormalité commence là.
En CP déjà, j'ai su lire, écrire et calculer trop rapidement; l'écart a continué de se creuser, et j'ai finalement été parachutée dans une classe qui n'était plus
la mienne, avec des amis qui n'étaient pas les miens et qui n'ont jamais voulu le devenir. Mes autres amis, restés en classe inférieure, m'ont reniée en me taxant de surdouée. Ça laisse des
marques à vie.
Au collège, j'ai appris qu'il fallait avoir de mauvaises notes pour être acceptée; je me suis amusée à calculer des barèmes de notation pour avoir toujours 14 ou 15
mais jamais davantage afin de ne pas trop me faire remarquer. J'étais invisible et cela m'allait fort bien ... l'invisibilité au fond de la classe proche du radiateur, dans un coin. De toutes
façons, on sait bien que les bons élèves ne sont jamais interrogés sur les devoirs qu'ils ne font jamais (du coup). Et quand cela arrive, on improvise et on y arrive (toujours).
Bien sûr, la vie continue après 14 ans; le lycée, la classe préparatoire, l'école, la vie active, tout se lisse au fur et à mesure. Les blessures restent pourtant
bien présentes, ancrées. Les remarques font toujours hérisser les poils et réveiller cette sensation de non-droit d'exister et d'anormalité, de rejet. L'étymologie du mot intelligence fait
trembler : intellect, intello, intellectuel ... des termes interdits. Si usités pourtant.
Et personne qui ne comprend. "Tu en as de la chance d'être intelligente" ; "ton intelligence te mènera loin"; "tu es trop intelligente pour moi" ; ... On finit par
s'écraser. Par écraser les marques visibles pour ne garder qu'un petit vernis qui ne brille pas trop; car fondu dans la masse, on est si bien. Retour à l'invisibilité des 12 ans. Mon intérieur
vit caché; et a fini par oublier et rejeter en partie ces connaissances et réflexes trop encombrants pour mieux se faire accepter. C'est ainsi que j'ai appris à vivre, pour moins souffrir.
Par laure
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Samedi 27 mars 2010
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10:03
Hier soir, je me suis fait une réflexion ...
Entre mégère et ménagère, il n'y a que deux lettres; Evidemment, ce sont deux noms féminins (étrange !), en lien avec ce désir des femmes de s'installer ... se poser ... s'empâter ... stagner
(?)
Jeune comme je suis, j'ai pourtant déjà des réflexions de mé(na)gère maniaque. Ranger les choses à leur place (mais laquelle?), remplir le frigo d'ingrédients bons pour la santé ...
Est-ce la fin ?
Par laure
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Mercredi 24 février 2010
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11:38
Je me suis déjà demandée ce que cela ferait de tomber sur des hommes sur qui j'avais eu un "crush amoureux" au collège ou au lycée ... Rencontrer de vieilles
copines, comparer nos rides et nos modes de vie, ça n'a rien à voir. Ces crushs qui ont fait battre mon coeur, des histoires etouffées dans l'oeuf, d'autres jamais entamées ...
Dans ce film Before Sunset, deux personnes se retrouvent 9 ans après leur première et unique rencontre, et là où je m'étonne, c'est qu'ils reprennent presque là où ils s'étaient arrêtés, avec
certes un peu de sagesse en plus, mais toujours ces mêmes interrogations sur leurs vies respectives. Et pourtant ... je pense que dans la plupart des cas, on ne reprend pas une relation de cette
façon. On a mûri, chacun a fait sa vie, a vécu des aventures passionnantes et ennuyantes; de plus, la mémoire a fait son travail et on a en partie oublié le passé. La cristallisation est également
passée par là, et on a idéalisé le peu dont on se souvenait. Le réveil peut s'avérer difficile.
Moi aussi, j'aimerais bien revoir mon amour de jeunesse ... je n'avais que 13 ans.
Par laure
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Lundi 22 février 2010
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19:12
Il ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir combien j'ai actuellement besoin d'être rassurée, sur mes capacités, sur mes compétences. J'ai envie de me lancer dans une
aventure, mais j'ai peur que mon parachute soit percé, que ma combinaison ne me protège pas du froid, etc.
Du coup, quand il m'a assené que ses réflexions avançaient mieux quand il pensait seul, autant dire que je n'étais qu'une dinde sans cerveau, j'ai eu mal ...
Instantannément, je l'ai traité en silence d'immense prétentieux, d'éternel célibataire de coeur et de pensée (les aventures, ça ne compte pas une fois la Fin arrivée ...). Puis j'ai ignoré.
L'échappatoire facile et rapide.
Par laure
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Dimanche 16 novembre 2008
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17:53
Parfois, dans un éclair de lucidité, je me souviens de Bougainville qui ne comprenait pas le sens de la
propriété chez les Occidentaux, et surtout la course qui y mène. Il avait sûrement raison sur certains points; posséder quelque chose ne me rend pas forcément plus heureux de vivre. Le sens de la
satisfaction? Une estime de soi-même ? Je ne suis pas sûre que la propriété apporte quoique ce soit. Seulement des injustices, diraient les communistes.
Nous possédons également un quota de 24 heures, renouvelé à minuit chaque jour ... et nous le défendons, mais pas toujours pour la bonne cause. Dans le métro parisien, les personnes courent; c'est
comme un instinct dès l'entrée dans le souterrain, comme s'il fallait en sortir le plus rapidement possible. Cette course permet de gagner 2 précieuses minutes sur un total de 1 heure de trajet.
Nous sommes tous fous ! Courir après 2 minutes de temps, cela sans prendre garde à la maman qui peine à porter sa poussette, ni au monsieur qui est par malchance (pour lui) au milieu du couloir et
que l'on bouscule.
Courir après le temps, courir après l'argent. C'est peut-être cela qui est peu à peu devenu le sens de nos vies. A défaut de valeurs plus fondamentales comme le respect ou la compassion, qui sont
totalement passées de mode ...
Par laure
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Vendredi 25 juillet 2008
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22:18
Je me souviens de la déception du lecteur à la lecture de la fin de la "Nuit des Temps", de Barjavel ... lorsque Eléa avale cette pilule noire qui
lui apportera le calme de la mort, plutôt qu'une vie dans un environnement décalé, sans sa moitié.
Cette pilule je l'ai avalée il y a plusieurs années déjà, même si elle n'a jamais réussi à me tuer; elle m'a consommée, ma force, mon envie de vivre, mon ambition, mon sourire, mes joies. Elle n'a
apporté que du noir à mon existence qui n'était déjà pas très rose. Aujourd'hui encore, que de dégoût, de haine épprouvée envers celui qui m'a brisée, de larmes de rejet. Je reste, malgré l'amour
qui m'entoure, méfiante voire craintive par moments. Comme si la bosse avait pu s'ancrer dans ma peau; ou plutôt dans ma mémoire.
Par moments je crois devenir folle; comment, après si longtemps, des souvenirs peuvent-ils être encore si crus? Moi qui peine à me rappeler du film de la veille. Quant au fait que des souvenirs
peuvent troubler une vie entière, je ne l'ai que trop lu, et je déteste l'entendre. Je m'y refuse; on n'a qu'une vie, il faut en jouir tant qu'il en est temps. Les instants noirs se dissipent
parfois, mais une boule à la gorge est si souvent là; la tristesse d'une enveloppe perdue. Et même si le corps a mué depuis, à la manière des reptiles, la blessure reste.
Par laure
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Jeudi 19 juin 2008
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20:43
Me voici de retour pour un article sur ce blog, que j'avais abandonné depuis plusieurs mois maintenant. Manque de temps, manque d'envie, manque
d'idées aussi. De l'Internet, mon temps a été progressivement pris par un emploi, une personne dans ma vie, et des passages à vide (=je reste sur mon lit à végéter pendant des heures, cela repose
l'esprit !).
Aujourd'hui, ma vie est si rose par rapport au contenu de ce blog que j'ai pensé qu'il valait mieux, par souci de "cohérence" ne plus écrire ici. Puis je me suis dit que rien ne vaut une évolution
dans un sens si positif. De l'obscur, ma vie est passée à un beau rayon de lumière; une vie que je ne subis plus, mais que je vis pleinement.
Mais comme chaque côté d'une pièce a ses revers, je me sens parfois bizarre. Ma vie a acquis un prix par la personne que j'ai rencontrée, qui prend chaque jour plus d'importance à mon coeur.
Auparavant, c'était mes amis, et ma famille, qui faisaient que je voulais rester de ce monde; de l'espoir, je ne sais même plus si j'en avais ... Ce revirement me donne tellement peur d'une fin,
comme si On ne m'avait accordé ce bonheur que pour un temps éphémère; rebondir pour tomber encore plus bas. La peur d'une souffrance ...
Cette nouvelle vie renforce aussi les idées noires que j'ai au sujet de la Mort; ce sujet capital, fatal, auquel je ne m'intéressais guère auparavant, prend tout à coup tout son sens. Si mourir me
sépare de ce bonheur que j'ai tant attendu et dont j'ai encore trop peu profité ? J'ai peur ... le soir, la nuit, au réveil ... Nouvelles angoisses face à ce jeu que l'on ne recommence pas, où un
dé ne peut pas sauver de l'Oubli.
Par laure
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Dimanche 4 novembre 2007
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18:15
"Se vendre et s'acheter, si telle est la donne..."
Petite et légère réflexion ce soir, il est vrai liée à ce que je vis actuellement; le monde du travail est cruel. Chaque jour, je me demande combien je vaux. Selon les économistes, le salaire
reflète la valeur d'une personne sur le marché du travail. Et par conséquent, il faut toujours le justifier, encore, et toujours. Compétences, opinions, connaissances, piston; tout se mesure,
et une équation linéaire de ces diverses variables établit notre Prix. Tout cela se tient, dans la mesure où l'on comprend que les entreprises en veulent pour leur argent (on ne va pas rentrer dans
le débat des charges sociales qui pèsent sur les sociétés ...).
Mais voilà, le problème de valeur a une répercussion partout dans la vie sociale. Ainsi, sans valeur, il devient plus difficile de faire des connaissances, de changer de castes. Car s'il est vrai
que le système est encore tellement appliqué en Inde mais pas en France, les barrières chez nous sont invisibles, et peut-être donc plus frustrantes. Invisibles mais perceptibles par tous: Mieux
vaut faire demi-tour à temps et retourner dans son monde.
Qu'en est-il des amis? Sont-ils hors de ce champ "valeur"? Pas si sûr ... Vu qu'on ne rencontre que les personnes correspondant à notre "segment" et éventail de prix, il existe finalement peu
de dissymétrie dans les groupes d'amis. J'ai vu récemment un site Internet qui mesure le prix d'un être humain : http://www.humainavendre.com/ (pour la petite histoire, je coûte 5 628 700 euros;
des amateurs?). Evidemment, outre le genre et l'âge, il y a ségrégation sur la silhouette, les attitudes, les habitudes, etc. Bien qu'ironique, ce site ne fait que traduire une vérité :
Nous sommes à vendre. Et on peut aussi bien se faire acheter, mais c'est un autre débat !
Par laure
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