Dimanche 16 novembre 2008
Parfois, dans un éclair de lucidité, je me souviens de Bougainville qui ne comprenait pas le sens de la
propriété chez les Occidentaux, et surtout la course qui y mène. Il avait sûrement raison sur certains points; posséder quelque chose ne me rend pas forcément plus heureux de vivre. Le sens de la
satisfaction? Une estime de soi-même ? Je ne suis pas sûre que la propriété apporte quoique ce soit. Seulement des injustices, diraient les communistes.
Nous possédons également un quota de 24 heures, renouvelé à minuit chaque jour ... et nous le défendons, mais pas toujours pour la bonne cause. Dans le métro parisien, les personnes courent; c'est
comme un instinct dès l'entrée dans le souterrain, comme s'il fallait en sortir le plus rapidement possible. Cette course permet de gagner 2 précieuses minutes sur un total de 1 heure de trajet.
Nous sommes tous fous ! Courir après 2 minutes de temps, cela sans prendre garde à la maman qui peine à porter sa poussette, ni au monsieur qui est par malchance (pour lui) au milieu du couloir et
que l'on bouscule.
Courir après le temps, courir après l'argent. C'est peut-être cela qui est peu à peu devenu le sens de nos vies. A défaut de valeurs plus fondamentales comme le respect ou la compassion, qui sont
totalement passées de mode ...
Par laure
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Mercredi 12 septembre 2007
"Tu es mon essentiel"
La notion de précieux dérive directement de la rareté et de la valeur nominale d'un objet; qu'en est-il de tout ce qui n'est pas objet, qui est par conséquent sujet ou bien un objet devenu sujet
par l'augmentation progressive de sa valeur? Ces derniers sont des objets qui peuvent nous être aussi essentiels que des êtres humains à qui on tient. Je pense à une collection, ou bien un objet
particulier représentatif d'une époque pleine de souvenirs.
Ces personnes, ou bien ses objets, sont liés à notre équilibre quotidien; chacun en est souvent conscient, tout en prenant l'habitude de les voir, là, sans qu'aucun effort ne soit à fournir pour
jamais l'obtenir. Un peu comme cet air que l'on respire sans y penser, qui manque à certains malades qui en rêvent la nuit, et qui pourrait manquer à tous dans le futur. Je pense que le déclin de
la conscience du précieux a à voir avec les hypothèses qui les entourent, ou bien les faibles statistiques de risque de le perdre à jamais; l'habitude, évidemment, n'est pas à oublier: A force de
vivre dans le même cadre, à avoir la même famille, les mêmes amis depuis tant d'années, on imagine tellement mal avoir un jour à vivre sans eux. Et c'est là que les hypothèses commencent ...
"il y a le temps", "c'est dans longtemps, il ne faut pas y songer". Ne pas penser à l'absence future pour mieux profiter de la présence ,cela tient debout, non?
Il y a aussi toutes ces choses entre lesquelles on vit tous. Que dirait-on si un jour, en se réveillant, les arbres étaient devenus bleus? Si les chats avaient disparus de la planète?
Ou bien, en plongeant dans la fiction, si le monde entier avait rayé notre existence. Notre réalité est finalement fragile, tient à peu de choses, sinon les lois de la physique et de la
chimie. Prendre conscience de ce qui nous est précieux, et mieux le/les protéger, peut ainsi nous aider à garder un équilibre parfois durement gagné.
Par laure
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Vendredi 7 septembre 2007
"Je n'oublierai jamais mon pays"
Je ne fais en général pas directement allusion à ma vie dans ce blog, car j'aimerais qu'il dépasse le quotidien, qui, soit dit en passant, n'a en général d'intérêt que pour mes grands-parents (qui
ne connaissent pas l'existence de ce blog, d'ailleurs). Je vais faire une petite exception ici ... Je suis en effet au bord d'une nouvelle phase de ma vie, après mon retour dans mon pays dont
j'étais bien nostalgique.
Etrange d'écrire cela, sachant qu'on ignore toujours de quoi seront faits les jours suivant aujourd'hui. Et pourtant, la vie a tout d'un puzzle déjà prédéterminé à l'avance sur certains chapitres,
et je sais aujourd'hui, ce soir, demain, que ma vie va changer. Mes études sont enfin terminées, me voici prête à entrer dans un aquarium plein de requins. Avec conscience de la chose, et
volontairement ! J'ai appris à nager en eaux chaudes pendant des mois; et pourtant, ce qui m'attend, ce monde du travail impitoyable envers les jeunes diplomés, ne ressemble probablement pas au
paradis que j'ai imaginé. Un monde où j'aimerais que le respect de l'autre et de ses connaissances, la gratitude, le contact désintéressé et la variété me soient offertes.
J'ai aussi beaucoup pu imaginer mon pays pendant ces mois om j'en étais éloignée; aujourd'hui j'ai l'angoisse d'être déçue, de découvrir que ces traits culturels qui me manquaient tant aux
Etats-Unis ne soient que le reflet de mon imagination; que l'originalité française n'existe pas. Un retour n'est pas facile à gérer, la tendance à tout comparer, qui était également celle à
l'arrivée dans le pays étranger, devient inversée. Le relief change, de même que l'angle de vue. Dans la vallée, on a une jolie vue sur la montagne; une fois au sommet, on ne la voit plus, par
contre on voit la vallée. Les regrets n'auront pas leur place, les songes, si.
Par laure
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