Dimanche 16 novembre 2008
Parfois, dans un éclair de lucidité, je me souviens de Bougainville qui ne comprenait pas le sens de la propriété chez les Occidentaux, et surtout la course qui y mène. Il avait sûrement raison sur certains points; posséder quelque chose ne me rend pas forcément plus heureux de vivre. Le sens de la satisfaction? Une estime de soi-même ? Je ne suis pas sûre que la propriété apporte quoique ce soit. Seulement des injustices, diraient les communistes.

Nous possédons également un quota de 24 heures, renouvelé à minuit chaque jour ... et nous le défendons, mais pas toujours pour la bonne cause. Dans le métro parisien, les personnes courent; c'est comme un instinct dès l'entrée dans le souterrain, comme s'il fallait en sortir le plus rapidement possible. Cette course permet de gagner 2 précieuses minutes sur un total de 1 heure de trajet. Nous sommes tous fous ! Courir après 2 minutes de temps, cela sans prendre garde à la maman qui peine à porter sa poussette, ni au monsieur qui est par malchance (pour lui) au milieu du couloir et que l'on bouscule.

Courir après le temps, courir après l'argent. C'est peut-être cela qui est peu à peu devenu le sens de nos vies. A défaut de valeurs plus fondamentales comme le respect ou la compassion, qui sont totalement passées de mode ...

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Vendredi 25 juillet 2008
Je me souviens de la déception du lecteur à la lecture de la fin de la "Nuit des Temps", de Barjavel ... lorsque Eléa avale cette pilule noire qui lui apportera le calme de la mort, plutôt qu'une vie dans un environnement décalé, sans sa moitié.

Cette pilule je l'ai avalée il y a plusieurs années déjà, même si elle n'a jamais réussi à me tuer; elle m'a consommée, ma force, mon envie de vivre, mon ambition, mon sourire, mes joies. Elle n'a apporté que du noir à mon existence qui n'était déjà pas très rose. Aujourd'hui encore, que de dégoût, de haine épprouvée envers celui qui m'a brisée, de larmes de rejet. Je reste, malgré l'amour qui m'entoure, méfiante voire craintive par moments. Comme si la bosse avait pu s'ancrer dans ma peau; ou plutôt dans ma mémoire.

Par moments je crois devenir folle; comment, après si longtemps, des souvenirs peuvent-ils être encore si crus? Moi qui peine à me rappeler du film de la veille. Quant au fait que des souvenirs peuvent troubler une vie entière, je ne l'ai que trop lu, et je déteste l'entendre. Je m'y refuse; on n'a qu'une vie, il faut en jouir tant qu'il en est temps. Les instants noirs se dissipent parfois, mais une boule à la gorge est si souvent là; la tristesse d'une enveloppe perdue. Et même si le corps a mué depuis, à la manière des reptiles, la blessure reste.
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Jeudi 19 juin 2008
Me voici de retour pour un article sur ce blog, que j'avais abandonné depuis plusieurs mois maintenant. Manque de temps, manque d'envie, manque d'idées aussi. De l'Internet, mon temps a été progressivement pris par un emploi, une personne dans ma vie, et des passages à vide (=je reste sur mon lit à végéter pendant des heures, cela repose l'esprit !).
Aujourd'hui, ma vie est si rose par rapport au contenu de ce blog que j'ai pensé qu'il valait mieux, par souci de "cohérence" ne plus écrire ici. Puis je me suis dit que rien ne vaut une évolution dans un sens si positif. De l'obscur, ma vie est passée à un beau rayon de lumière; une vie que je ne subis plus, mais que je vis pleinement.

Mais comme chaque côté d'une pièce a ses revers, je me sens parfois bizarre. Ma vie a acquis un prix par la personne que j'ai rencontrée, qui prend chaque jour plus d'importance à mon coeur. Auparavant, c'était mes amis, et ma famille, qui faisaient que je voulais rester de ce monde; de l'espoir, je ne sais même plus si j'en avais ... Ce revirement me donne tellement peur d'une fin, comme si On ne m'avait accordé ce bonheur que pour un temps éphémère; rebondir pour tomber encore plus bas. La peur d'une souffrance ...
Cette nouvelle vie renforce aussi les idées noires que j'ai au sujet de la Mort; ce sujet capital, fatal, auquel je ne m'intéressais guère auparavant, prend tout à coup tout son sens. Si mourir me sépare de ce bonheur que j'ai tant attendu et dont j'ai encore trop peu profité ? J'ai peur ... le soir, la nuit, au réveil ... Nouvelles angoisses face à ce jeu que l'on ne recommence pas, où un dé ne peut pas sauver de l'Oubli.
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Dimanche 4 novembre 2007
"Se vendre et s'acheter, si telle est la donne..."

Petite et légère réflexion ce soir, il est vrai liée à ce que je vis actuellement; le monde du travail est cruel. Chaque jour, je me demande combien je vaux. Selon les économistes, le salaire reflète la valeur d'une personne sur le marché du travail. Et par conséquent, il faut toujours le justifier, encore, et toujours.  Compétences, opinions, connaissances, piston; tout se mesure, et une équation linéaire de ces diverses variables établit notre Prix. Tout cela se tient, dans la mesure où l'on comprend que les entreprises en veulent pour leur argent (on ne va pas rentrer dans le débat des  charges sociales qui pèsent sur les sociétés ...).

Mais voilà, le problème de valeur a une répercussion partout dans la vie sociale. Ainsi, sans valeur, il devient plus difficile de faire des connaissances, de changer de castes. Car s'il est vrai que le système est encore tellement appliqué en Inde mais pas en France, les barrières chez nous sont invisibles, et peut-être donc plus frustrantes. Invisibles mais perceptibles par tous: Mieux vaut faire demi-tour à temps et retourner dans son monde.

Qu'en est-il des amis? Sont-ils hors de ce champ "valeur"? Pas si sûr ... Vu qu'on ne rencontre que les personnes correspondant à notre "segment" et éventail de prix,  il existe finalement peu de dissymétrie dans les groupes d'amis. J'ai vu récemment un site Internet qui mesure le prix d'un être humain : http://www.humainavendre.com/ (pour la petite histoire, je coûte 5 628 700 euros; des amateurs?). Evidemment, outre le genre et l'âge, il y a ségrégation sur la silhouette, les attitudes, les habitudes, etc.  Bien qu'ironique, ce site ne fait que traduire une vérité :  Nous sommes à vendre. Et on peut aussi bien se faire acheter, mais c'est un autre débat !

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Lundi 29 octobre 2007
Cela arrive, dira-t-on... Une recette ?

Le Titre :
Forcément. Alors que certains n'hésiteraient pas à employer le mot "déprimé" dès qu'ils sont un peu découragés par une chose ou une autre, je serais tentée d'employer son contraire. La dépression a pour symptôme un vide d'envie, envie de faire des choses, envie de voir du monde, envie d'avancer. A l'inverse, beaucoup de situations, qui nous laissent un brin désemparés, nous donnent envie de réagir, d'exploser à l'intérieur de soi : Imploser.

Les Ingrédients :
Hé oui, certains jours, certains soirs surtout, je craque. Situation idéale : il fait noir, on est dimanche ou lundi (résultat basé sur des statistiques pas précises du tout, élaborées sur plusieurs années), il a plu toute la journée, j'ai passé la soirée chez moi, quelqu'un a essayé de me consoler sur mon sort dans la jounée. Tous les ingrédients qui mènent à une jolie remise en question.

La méthode:
Celle-ci est composée de différentes tâches, toutes ayant des effets divers et variés. On commence par un Inventaire des défauts, et un récapitulatif de toutes mes expériences passées (c'est-à-dire de tous mes échecs). En conséquence, on arrive à une perte de confiance en soi , un réveil des complexes, et des larmes éventuelles (mais lâches - On sait tous que j'ai tout, absolument tout pour être heureuse; comment ose-je même verser une larme sur mon sort? Je devrais avoir honte ...).

Le décor :
Ca ira mieux demain !


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Lundi 8 octobre 2007
"En amour, en peinture, on juge mieux de loin"

Voici bien longtemps que je n'ai pas posté d'article sur cet espace qui pourtant me permet de partager avec vous lecteurs, mais aussi avec moi-même. La principale raison est le fait que je n'ai momentannément plus d'accès Internet chez moi, rendant difficile et coûteuse toute connexion. Je suis ainsi soudainement coupée de ce monde virtuel que j'ai tant fréquenté l'année passée.

Bizarrement, cela ne me manque que peu, et à mes heures je me sens coupable d'avoir la paresse de m'y connecter; est-ce parce que le virtuel est, par sa nature, assez abstrait, et qu'ainsi ce blog n'a pris dans mon esprit qu'une place secondaire dès sa création? Ou bien, plutôt, car le virtuel est un substitut du réel, et que lorsque l'on est satisfait de sa "vraie vie" on n'éprouve moins le besoin de prendre des contacts sur la Toile. Probablement un peu des deux.

Et pourtant je reconnais que les apports sont très différents; ainsi, parfois, il m'arrive de rencontrer des personnes pour mettre des visages, des expressions, des attitudes sur un malheureux pseudo qui sans cela resterait bien terne. Ce sont pour la plupart des gens dont je n'aurais jamais eu la chance de faire la connaissance sans ce medium qu'est l'Internet; je pense donc que pour garder un certain équilibre dans ma vie j'ai ce besoin de prendre contact avec ces différences qui éveillent mon intérêt, tout comme j'ai besoin de continuer à lancer le "processus" de rencontre, qui m'apprend beaucoup et qui sert au jour le jour dans la création  de liens, commerciaux ou autres. Il ne serait que trop facile et triste de garder le même réseau figé d'amis et de connaissances pour la vie entière; la découverte est un moment passionnant,
et reste une étape à part.

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Mercredi 12 septembre 2007
"Tu es mon essentiel"

La notion de précieux dérive directement de la rareté et de la valeur nominale d'un objet; qu'en est-il de tout ce qui n'est pas objet, qui est par conséquent sujet ou bien un objet devenu sujet par l'augmentation progressive de sa valeur? Ces derniers sont des objets qui peuvent nous être aussi essentiels que des êtres humains à qui on tient. Je pense à une collection, ou bien un objet particulier représentatif d'une époque pleine de souvenirs.

Ces personnes, ou bien ses objets, sont liés à notre équilibre quotidien; chacun en est souvent conscient, tout en prenant l'habitude de les voir, là, sans qu'aucun effort ne soit à fournir pour jamais l'obtenir. Un peu comme cet air que l'on respire sans y penser, qui manque à certains malades qui en rêvent la nuit, et qui pourrait manquer à tous dans le futur. Je pense que le déclin de la conscience du précieux a à voir avec les hypothèses qui les entourent, ou bien les faibles statistiques de risque de le perdre à jamais; l'habitude, évidemment, n'est pas à oublier: A force de vivre dans le même cadre, à avoir la même famille, les mêmes amis depuis tant d'années, on imagine tellement mal avoir un jour à vivre sans eux.  Et c'est là que les hypothèses commencent ... "il y a le temps", "c'est dans longtemps, il ne faut pas y songer". Ne pas penser à l'absence future pour mieux profiter de la présence ,cela tient debout, non?

Il y a aussi toutes ces choses entre lesquelles on vit tous. Que dirait-on si un jour, en se réveillant, les arbres étaient devenus bleus?  Si les chats avaient disparus de la planète?  Ou bien, en plongeant dans la fiction, si le monde entier avait rayé notre existence.  Notre réalité est finalement fragile, tient à peu de choses, sinon les lois de la physique et de la chimie. Prendre conscience de ce qui nous est précieux, et mieux le/les protéger, peut ainsi nous aider à garder un équilibre parfois durement gagné.

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Vendredi 7 septembre 2007
"Je n'oublierai jamais mon pays"   

Je ne fais en général pas directement allusion à ma vie dans ce blog, car j'aimerais qu'il dépasse le quotidien, qui, soit dit en passant, n'a en général d'intérêt que pour mes grands-parents (qui ne connaissent pas l'existence de ce blog, d'ailleurs). Je vais faire une petite exception ici ... Je suis en effet au bord d'une nouvelle phase de ma vie, après mon retour dans mon pays dont j'étais bien nostalgique.

Etrange d'écrire cela, sachant qu'on ignore toujours de quoi seront faits les jours suivant aujourd'hui. Et pourtant, la vie a tout d'un puzzle déjà prédéterminé à l'avance sur certains chapitres, et je sais aujourd'hui, ce soir, demain, que ma vie va changer. Mes études sont enfin terminées, me voici prête à entrer dans un aquarium plein de requins. Avec conscience de la chose, et volontairement ! J'ai appris à nager en eaux chaudes pendant des mois; et pourtant, ce qui m'attend, ce monde du travail impitoyable envers les jeunes diplomés, ne ressemble probablement pas au paradis que j'ai imaginé. Un monde où j'aimerais que le respect de l'autre et de ses connaissances, la gratitude, le contact désintéressé et la variété me soient offertes.

J'ai aussi beaucoup pu imaginer mon pays pendant ces mois om j'en étais éloignée; aujourd'hui j'ai l'angoisse d'être déçue, de découvrir que ces traits culturels qui me manquaient tant aux Etats-Unis ne soient que le reflet de mon imagination; que l'originalité française n'existe pas. Un retour n'est pas facile à gérer, la tendance à tout comparer, qui était également celle à l'arrivée dans le pays étranger, devient inversée. Le relief change, de même que l'angle de vue. Dans la vallée, on a une jolie vue sur la montagne; une fois au sommet, on ne la voit plus, par contre on voit la vallée. Les regrets n'auront pas leur place, les songes, si.

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Mardi 28 août 2007
"Ecrire, c'est noircir une page blanche"

En ce moment, je n'écris pas beaucoup, ni régulièrement sur mon blog; le manque de temps est très souvent une fausse excuse que l'on donne pour ne pas effectuer les choses "à temps". Fausse, car chacun dispose du même nombre de minutes en une journée, et tout n'est que question de choix dans sa répartition. Le temps, ça se trouve, à condition de souhaiter faire des compromis avec une autre activité. Cela se donne aussi, bien que souvent il soit reçu comme une chose sans valeur car trop abstraite pour être comprise.

Parfois, devant ce blog, devant sa tonalité, qui souhaite aller un peu plus loin que mon quotidien - en soi très ennuyeux, et peu intéressant pour un élément extérieur à ma petite vie - je me trouve vidée d'idées. Comme si le cerveau refusait d'en envoyer à mes doigts qui caressent le clavier. J'ai des idées de fond, mais pas d'exemples pour les illustrer; ou bien le contraire, exemples sans idées. Ou trop d'abstrait. Je dois avoir une tendance non pas perfectionniste, mais à aimer les choses plutôt bien faites, dont je peux me sentir satisfaite, et cela vaut également pour ce blog. Et vous, ça vous arrive, le manque d'inspiration ?

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Jeudi 23 août 2007
"I am what I am, I am my own special creation"

Je trouve que cela arrive bien trop souvent, de devoir s'excuser d'être comme on a été créés; et pourtant, si la Nature a fait de son mieux en ces quelques sept jours, ceux-ci sont maintenant transformés en neuf mois, ce qui devrait augmenter la qualité de l'objet final. Mais voilà; on parle ici de sujets, tout se complique; chacun accumule qualités, défauts, tous traits qui n'existent que par la subjectivité de chacun. Ce sont des perceptions, et non des faits. Dès lors, on ne peut finalement rien appeler qualité ou défaut, d'autant que notre perception de nous-même peut ne pas être très juste à ce sujet.

Devrait-on alors, anticipant des critiques, s'excuser de ce que l'on est? Alors même qu'on ne connait pas encore la réaction de l'autre. Je me trouve souvent dans cette situation lorsque je dois avouer, menu en main souvent, que je suis végétarienne. Et là, bien souvent, un concert de récriminations m'attend, un brin atténué par mon air contrit :"ah bon? Vraiment, tu es difficile", "tu ne manges rien alors", "tu dois avoir plein de carences", etc. Je me retrouve alors invariablement à me justifier, ce qui semble ridicule. Je  justifie mon mode de vie; est-ce même possible? Est-ce que tout s'explique dès lors qu'on parle d'un être humain et de ses goûts, ses désirs ? J'en doute.

Je ne dis pas, toute égocentrique que je suis, que ce que je suis est bien; je défends mes choix, dès lors où un inconnu les attaque, souvent par ignorance. Comme je le disais dans l'article précédent, il perd une occasion de se taire ... et au passage de me juger. Car au travers de mes traits de caractères, de mon mode de vie, c'est ma personne qu'il juge, vu que tout a une cause intrinsèque, directe ou pas. Tout cela pour une simple question de viande ou de poisson.



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