Samedi 28 juillet 2007
"Je vis ma vie à pile ou face"

Une pièce de monnaie est très représentative de tous ces choix que nous effectuons tous les jours, à chaque heure, chaque minute. Ces décisions, pour la plupart machinales (thé ou café?) sont pour la plupart anodines, mais bien souvent ne portent que sur un seul choix, et se limitent à un "oui" ou un "non" pourtant fondamental. Bien que le langage mette à notre disposition une ribanbelle d'adjectifs et adverbes permettant la nuance, on se trouve parfois démuni face à des décisions à prendre qui demandent une réponse crue  "Oui/Non".

Tout cela a un peu des airs de pétales de marguerite qui tentent de nuancer un sentiment. Je t'aime ... un peu ... beaucoup ... passionnément ... à la folie ... ou pas du tout. Ici un seul non, et toute une déclinaison du sentiment amoureux existant. Est-il inutile d'avoir d'autres manières de dire non? Afin d'atténuer la dureté de cette phrase. Mais je pense que dans ce domaine en particulier, envelopper son propos fait durer une sorte de suspense un peu malsain qui finit par blesser. Les figures de style ne manquent pas pour nuancer, voire même tromper l'autre qui ne saisira pas le figuré. Derrière ces mots se cachent des images ou des non-dits; des choses que l'on ne peut pas

Ce "oui", ce "non" rappellent très bien la dualité qu'on aime tant. Une façon de nous laisser la liberté de choisir notre position entre ces deux extrêmes, de nous laisser trouver un équilibre bien à nous. Mais entre bien et mal, entre -1 et +1, y a-t-il seulement le "neutre".  Celui que personne ne remarque car il ne suscite ni l'admiration, ni l'horreur. La plupart des gens est probablement proche de ce neutre; je pense que chacun cherche à se montrer unique par les choix qu'il effectue, mais qu'inconsciemment il plonge dans la masse neutre, certes un peu fade, mais sûre. L'unicité accordée par les gènes devient ainsi noyée dans les comportements bien similaires des uns et des autres.


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Vendredi 27 juillet 2007
"La vie n'est pas facile sans les joies de la cuisine"

J'ai entendu l'autre jour un Américain de ma classe dire, assez sérieusement pour le personnage en question, qu'il souhaitait que sa copine ou future femme sache cuisiner; A un tel jeu, je serais évidemment recalée, tout comme des tas de femmes. Dans la pièce, seule une fille savait cuisiner, une Indienne. C'est 'normal'? Après tout, si on commence à dire que savoir cuisiner, c'est culturel, je pars me cacher: Une Française devrait savoir confectionner de petits plats en l'honneur de ses grands chefs. Notre culture est donc bien plus présente dans les restaurants ou bistros au coin de la rue que dans les cuisines de Madame X.

Certains jours, j'adopterais bien un petit rat pour me faire de la ratatouille ... Qu'il ose saupoudrer mes plats fades d'herbes diverses et d'epices. La cuisine est un don et une passion. En effet, même avec une recette en main, j'arrive à faire des bêtises, température du four mauvaise ou pâte pleine de grumeaux. Lamentable. Je pense que malgre l'apprentissage et l'experience, qui influe sur la qualite de la cuisine, certains n'auront jamais ce toucher specifique, ce sens du gout aussi, pour rester dans la sensualite de la matiere. C'est un peu comme la main verte, on ne l'apprend pas dans les livres ...

Bon, à part ça, pour ma defense, je suis une maniaque du ménage et du rangement, ça me rattrape peut-être aux yeux de ces hommes avides d'avoir une petite ménagère chez eux. Mais suis-je bête ... Je ne cherche pas à fréquenter ce type d'hommes, j'ai assez de mes amis qui soit rêvent que je vienne chez eux pour tout ranger, soit redoutent le cyclone de poussière et m'invitent du coup en dehors de chez eux ... au restaurant :) Ironie.


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Mardi 24 juillet 2007
"Si la seconde fois tu ne réussis pas, il  faut essayer une troisième fois"

Je ne sais pas si on pourrait faire un vrai mode d'emploi de ce processus qu'est la séduction. En effet, la séduction n'est pas un véritable trait de caractère ou une manière d'être comme l'est le charisme. Elle est un processus dans lequel une personne entre, afin d'attirer l'attention de quelqu'un et de faire naître son désir pour elle.

Je pense que dans la plupart des rencontres (non virtuelles) le physique est le premier contact avec autrui, et qu'ainsi faire quelques efforts spécifiques pour séduire ne peuvent qu'être couronnés de succès; il faut cependant lors de cette pseudo transformation destinée à plaire davantage rester soi-même. Couramment, les premières choses que les hommes regardent chez une femme sont: Son regard, son sourire, sa poitrine, sa taille (hauteur) et ses fesses. Il y a donc moyen de faire quelques efforts, maquillage yeux+lèvres, dents blanchies, soutien-gorge push-up,  talons hauts, gaine Bridget Jones pour les fesses (ça marche ça?).

Plus spécifiquement, il convient d'adapter son attitude, son langage et sa conversation à celui ou celle que l'on souhaite séduire. La clé ici est véritablement ce degré d'adaptation, qui vient surtout grâce à l'écoute; en effet, en écoutant on arrive petit à petit à cerner le personnage, ses attentes, ses passions, et ainsi réagir un peu dans le sens  qui lui plaira. Attention, c'est aussi un piège de trop s'adapter, car l'autre finira par se douter de quelque chose ("Ah, toi aussi tu aimes Sartre?" - Euh, oui, je suis fan, c'est vraiment un opéra magnifique"). Eh là, ça fait mal, on perd la confiance ténue que l'autre avait mise en nous ... c'est mort. Se perdre ainsi est inutile, et si l'autre joue au jeu de cette séduction il écoutera, lui aussi, et de ces écoutes communes viendra tout naturellement une entente et une complicité sur des sujets divers.

Plus généralement, aucune description du processus de séduction n'est possible sans l'adapter à des cas tous uniques; il est pourtant un fait établi que des astuces marchent souvent voire à tous les coups :) Pour en savoir plus appelez le 0892 biiiip 20 euros la minute. Mais quant au succès du processus, il dépend de cette alchimie, et de cette notion indéfinissable de "feeling" qui se créé lors de la rencontre entre deux regards, deux âmes, qui est la clé de ce qui marche, et ce qui ne marchera pas. Séduire n'est pas très compliqué, finalement. Mais fabriquer une relation se fait à deux, et pas seul.

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Dimanche 22 juillet 2007
"Perfect is less than perfection"

J'aime cette idée, que l'on doit à Stendhal, de la cristallisation. Certes, il ne l'a développée que pour le sentiment amoureux, en écrivant que c'est "l'opération de l'esprit qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections". En conséquence, plus on aime, plus on aime, et l'escalade des sentiments commence ... jusqu'à parfois un dur retour aux réalités et une chute fatale. Plus on est monté haut dans cette cristallisation de l'être aimé, plus la chute sera douloureuse. C'est pourtant une tendance assez commune que d'attribuer à quelqu'un que l'on aime des qualités qu'il n'a pas toujours, de passer sur ses petits défauts, de dire qu'ils le rendent accessible et adorable, etc. C'est faire preuve de tolérance que d'accepter que l'autre ne soit pas parfait.  Sinon il serait d'ailleurs envahi de groupies! Et on s'ennuyrait à ses côtés, n'ayant rien à lui reprocher.

A mon sens, on peut employer cette notion de cristallisation pour des dimensions cruciales: le temps et la distance. Qui ne pense jamais qu'avant c'était mieux? Que la lueur du souvenir est un peu comme la lumière d'une bougie, cela rend les choses plus belles et les ombres moins crues. Le recul fait des miracles. Avec les années qui passent, on en vient à dire que "finalement, ça n'était pas si mal", alors qu'à l'époque on avait pensé le contraire et souhaiter sortir de cette période.Le temps atténue les rancoeurs, applanit tout sur son passage, y compris les sentiments. Sous-jacente à cette idée le fait que l'on regrette toujours au fond de nous notre jeunesse, que l'on accuse aussi pour tous les pièges dans lesquels on est tombés ("j'étais jeune à l'époque, je ne me rendais pas compte"). Le regret ne sert ainsi qu'à sublimer les années passées, et à cristalliser les bons moments en de merveilleux souvenirs, alors qu'à l'époque ces moments n'avaient pas eu d'importance particulière.

La distance est un peu équivalente. Je vois souvent des membres de couples qui habitent à des centaines de kilomètres l'un de l'autre. Peu à peu, la distance et la fréquente peu élevée de leurs rencontres fait qu'ils se cristallisent l'un l'autre, ce qui augmente les attentes qu'ils ont l'un pour l'autre. Comme si la distance effaçait un peu les traits de caractère, et que le manque était comblé par cette cristallisation, cette perfection de l'autre. Certes, cette distance fait aussi durer les couples, la lassitude n'existe pas (ou alors elle existe face au manque suscité par la distance), et chacun projette sur l'image atténuée de l'autre ce qu'il en attend, ce qu'il espère trouver. Sur de courts week-ends cette image n'a pas le temps d'être détruite, avec le bonheur de se retrouver. Sur la durée c'est un pari. Sublimer l'autre pour mieux se détruire ensuite. S'endormir pour mieux se réveiller.



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Vendredi 20 juillet 2007
"Pourquoi tu pleures, parfois je me déteste"

Voilà bien un domaine dans lequel je me sens incomprise parfois; je ne suis pas la seule, je le sens notamment lorsque je vais visiter des blogs de jeunes filles entrées dans la spirale boulimie/anorexie. Comment faire comprendre à quelqu'un que si, il ou elle est bien, belle? Qu'il faut qu'elle s'aime? Qu'elle plait à tout le monde? Ca demande des études de psychologie pour arriver à le comprendre.

A mon petit niveau, et comme beaucoup de femmes j'en suis persuadée, je passe par des moments de doutes. Des moments où je me trouve trop grosse face à toutes ces bombes qui font de la course dans la salle de sport, trop bien foutues comparées à moi, y'a encore du boulot, allez, 30 minutes de vélo pour me punir du paquet de noix de cajou engouffré hier en 15 minutes. Se punir, vous avez bien lu. Je pense cependant qu'on ne passe pas d'une morphologie à une autre par la privation ou la punition, donc j'essaie d'atténuer tout ça. Des amis m'agacent encore à me demander ironiquement combien de points Weight Watchers y a-t-il dans une pomme, ils devraient savoir qu'il y a 0 point dans 98% des fruits et légumes :)

Pour en revenir au sujet, il ne suffit pas de voir que les autres nous aiment pour nous aimer. Ca aide sûrement, mais ça n'est pas suffisant. Encore faut-il que nous-mêmes, nous regardant dans la glace avec des mimiques diverses, on se trouve jolies. Et c'est pas gagné, malgré les tentatives de sourire au miroir. "Miroir ô beau miroir", finalement un siècle plus tard on y est encore. Grâce à ce vieux démon de la comparaison. Jamais je ne me suis sentie aussi grosse que durant mon année en Chine, où j'aurais dû peser 20 kilos de moins pour entrer dans la moyenne et ne pas porter du XL (la première fois on se vexe, je vous le promet). Et tous ces magazines qui prônent la beauté impure, constituée de toutes pièces avec des parties de corps de différents mannequins, retouchée par ordinateur en plus. Si on pouvait faire pareil dans la vraie vie, se retoucher, hop un cou plus long, hop des jambes moins grosses, etc. La chirurgie reste inarbodable et assez mal vue du point de vue sociétal. Il ne nous reste que le maquillage pour nous aimer mieux? En effet, c'est bien peu. Pas de remède miracle. Cesser de pleurer sur soi, se plaindre, être heureuse, sourire à soi, sourire aux autre, sourire à la vie. Je ne vois "que" cela. Courage !



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Jeudi 19 juillet 2007

"La peur du vide te donne le rêve de te donner la chance"

Je me demande ce que c'est, le vide; je suis restée sur l'image du néant de l'Histoire sans Fin, un grand espace un peu lunaire. Un espace vide, est-ce le vide. Le vide, c’est lorsque je n’ai plus d’air, qu’il n’y a vraiment plus rien ; ma respiration est coupée ; je suis morte. Où suis-je ? Il fait blanc. Je suis dans une pièce dont je ne vois pas les murs ; j’ai le vertige. Je vais tomber. Mais il n’y a plus de sol pour tomber ; tout s’effondre. J'ai mal au coeur, je tourne, je tourne, rien ne change, le paysage blanc est constant. C'est ça, le vide? Ca ne l'est uniquement si moi-même je suis vide de souvenirs et de vie, si ma mémoire a été effacée quelque part, à moins que cette sensation effrayante de vide autour de soi puisse susciter une mémoire de type page blanche. De son vivant, on pense souvent que l'on aimerait oublier des passages de vie; Avoir une mémoire sélective. Qu'en est-il de tout supprimer? Sans identité ... le vide de personnalité, le vide de quelqu'un. Il n'y a plus personne.

Un film que j'ai vu il y a quelques années évoque assez bien non seulement cette sensation de vide, mais ce qu'il peut être. Comme plusieurs films marquants, je ne l'ai regardé qu'une seule fois, de peur de me retrouver dans cet état à la fin; pas de larmes. Simplement du silence. Du vide autour de moi. Il s'agit de l'oeuvre du Japonais Kitano, "Dolls". Ce film évoque trois histoires distinctes, et est sans paroles pendant peut-être la moitié du film tout confondu. Il met terriblement mal à l'aise, tandis que le regard du spectateur reste malgré lui rivé sur l'écran. Des Histoires qui ont une Fin, elles, bien qu'elles commencent déjà dans un certain vide; elles finissent dans un vide digne d'un linceul.

Le vide fait peur alors que beaucoup de gens trouvent leur vie surchargée. Nul intermédiaire entre vide et vie que la sagesse, peut-être. Pour ne plus avoir peur, il faut être dans la Lumière.

 
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Mercredi 18 juillet 2007
"Vivre et donner, pour le bonheur de donner"

Je ne sais même pas si ces paroles sont encore d'actualité. Quand on donne maintenant, c'est que l'on espère un retour. Ce même pour les dons que l'on estime désintéressés. Par exemple, je donne régulièrement mon sang. Un don de sang, surtout un groupe assez rare comme le mien, peut sauver une vie, et lorsqu'on est là, à se faire prélever, on se sent bien, l'estime de soi remonte et on se sent utile. Moi qui ne suis pas pompier ou médecin, on me donne l'opportunité de sauver une personne ! C'est merveilleux, non? Mais voilà, déjà je parle d'un retour vers moi, ce bien-être procuré par le don. Je le fais également en me disant que s'il m'arrivait quelque chose (ça n'arrive PAS qu'aux autres) j'aimerais que quelqu'un soit là, aussi, pour me donner. Donc voilà, on est à la fin du don désintéressé. Pourtant partis d'un acte beau bien que facile à accomplir, le don du sang.

Du coup, je ne sais pas s'il reste des dons désintéressés; ces écrits ont de vieilles réminiscences de mes cours de prépa, je viens de m'en rendre compte en relisant ma phrase. On évoque l'amitié comme étant désintéressée, bien qu'il s'agisse encore et toujours d'un échange; mais un échange dont on attend que peu. Je n'ai pas dit rien, j'ai dit "peu". Car si rien ne vient, pas un sourire, pas une parole, pas une once de reconnaissance, je ne sais pas si une amitié peut tenir. Elle devient terne, fade, et vire en indifférence. Et l'indifférence n'est pas si loin du mépris. C'est joli de lire, de savoir que l'on peut compter sur ses amis à tout moment; qu'ils seront toujours là, cela fait comme chaud au coeur. L'amitié rend plus fort. Je me sens invincible parfois, car je sais que mes amis sont derrière moi pour me rattraper si je tombe; et ça n'est pas une illusion. Et ils n'attendent rien de moi; sauf que je sois là. Mais loin d'une contrainte pour moi, j'aime que quelqu'on compte sur moi dans les mauvais moments comme les bons.



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Lundi 16 juillet 2007
"Est-ce que ce monde est sérieux?"

Finalement, je pense qu'il n'existe plus vraiment d'insouciance pour quiconque. Comme j'en ai déjà parlé dans des articles précédents (oubliez de me dire que je radote, je suis déjà au courant !) les enfants grandissent trop vite. Le sérieux s'empare de nous très vite, trop vite.

Comme s'il fallait qu'il y ait une prise de conscience collective qu'il faut être sérieux, faire attention. Les parents disent à leurs enfants de faire attention à eux. C'est déjà une immense responsabilité quand on vient de sortir de son cocon. Tomber du nid, ça peut faire mal; soit, il faut le faire, apprendre à voler seul, ça se comprend. Mais on lui demande aussi de prendre soin de ses amis. Et c'est là que la spirale infernale commence. Comment? Il faut EN PLUS faire attention à ce que font les autres? Mais selon quel code?

Il y a en fait plusieurs codes à respecter. Tellement que l'on met plusieurs années à les ingurgiter, plus ou moins bien. Certains trouvent que cela a bien mauvais goût et anarchiquement veulent voler à contre-sens quitte à blesser d'autres. Les autres apprennent, ce, sans fin. La morale, tout d'abord. Ah oui? Il paraît qu'il y a des choses qui ne se font pas. Une notion extrêmement subjective, même si elle comporte des lieux communs, qui laisse donc à certains un goût amer, des idées qu'on est bien seul dans sa propre morale, que d'autres sont totalement amoraux. Puis il y a divers codes: le code des bonnes manières, le code de la route, le code pénal, le code civil, etc. Tant de choses à apprendre pour bien vivre ensemble.

Aujourd'hui, ce depuis quelques années, on nous dit soudainement qu'il faut aussi faire attention à notre planète, à notre environnement. Encore? J'ai déjà appris tous les autres codes, en voilà encore un autre. Et c'est parti pour le recyclage, l'installation de panneaux solaires, d'éoliennes, prendre son vélo, etc. Toute une éducation à refaire. Je dis à refaire ... je pense que c'est très difficile. Je pense être assez verte, autant dans l'âme que dans la pratique (recyclage, pas de voiture, etc.), mais j'ai la mauvaise excuse d'être jeune, et ce vert a fait partie de mon éducation. Qu'en est-il des personnes plus âgées? Ou habitant dans des lieux qui sont bien éloignés de ces préoccupations? Leur éducation est soit inexistante, soit passe par l'idée qu'il faut protéger les générations futures, ce qui est très généreux de leur part, je les en remercie.

Finalement, tous ces codes, ils sont faits pour notre bien présent ou bien futur ... Il faut les respecter.




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Lundi 16 juillet 2007
"J'ai croisé le bout du monde"

Je lis souvent des mails d'amis que je n'ai pas vus depuis longtemps qui me disent que je suis pleine de courage de vivre à l'étranger, si loin de chez moi. Je lis : "moi j'pourrais pas". Mais pourquoi pas? Après tout, le monde est plein d'opportunités, de découvertes, de chemins inexplorés. C'est peut-être pour cela qu'il fait si peur? Partir loin de chez soi.

Finalement, qu'est-ce qu'un chez-soi? Je l'ignorais avant de décoller pour la Chine il y a deux ans. Je me disais que mon chez-moi c'était ma petite ville, que j'y reviendrais de toutes façons, et qu'il ne fallait pas se retourner. Qu'il fallait toujours que je fasse avancer ma vie. Et dans mon esprit, cette avancée se traduisait par un élargissement de mes horizons au plan géographique. Très tôt dans ma vie, j'ai décidé seule de partir passer deux années à l'étranger, en Chine et aux Etats-Unis. Mes parents sont évidemment tristes de me savoir si loin mais supportent mon choix; on se rend compte qu'on communique plus souvent maintenant que je suis à 6 000km de ma maison. Mon chez-moi c'est finalement davantage des gens: ma famille, mes amis. Mais c'est aussi toute une culture qui manque. Des envies de dire "diable, chez nous c'est pas comme cela", notamment quand ... (c'est du vécu) :
- On voit le kilo de tomates à 5 euros toute l'année
- Quand une ambulance vient vous chercher, la première chose qu'ils demandent est notre numéro de sécu
- Au moment de chercher un restau sympa on ne trouve que des boui-boui dont la déco ressemble à des cantines, et dont le menu ne comporte que sandwichs et salades
- On entend des gens dire avec enthousiasme que cette année ils auraient 7 jours de congés payés
- Sortir avec quelqu'un est une notion à court terme et incertaine

Une fois de retour en France, on se plaint d'autres choses, évidemment; mais en attendant, on est chez nous, et cela fait chaud au coeur. Je pense que ces deux années m'ont suffit pour faire connaissance avec un autre monde dont je rêvais. Je rêvais de grands espaces, de cultures folkloriques, je reviens les yeux grands ouverts sur la beauté de mon propre pays alors que j'y étais aveugle auparavant. Beaucoup de coups de blues se succèdent dans mon coeur, je me sens seule dans ma culture et mes idées, j'ai terriblement hâte de rentrer.


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Samedi 14 juillet 2007
" Les adultes ne croient pas au Pere Noel, et moi non plus"

Petite liste du soir, sourire aux lèvres. Quand sait-on qu'on a perdu ce grain d'innocence qu'on avait en nous? Quand devient-on jaloux des enfants qui jouent au parc et qui sont heureux avec un truc à bulles? Vous êtes devenu un adulte si ...

- Vous pensez sans arrêt que vous étiez plus jeune avant
- Vous avez une voiture qui peut contenir plus de 4 personnes, et qui ne dépasse jamais le quota de places autorisées
- Vous ne jouez plus à compter les moutons sur un tableau comme Mr Bean
- Vous ne vous allongez plus dans l'herbe pour regarder la forme des nuages de peur de vous salir
- Vous pensez que les étoiles, c'est surfait
- Vous pensez que tout est surfait, et que l'humanité est corrompue
- Vous ne pensez plus à sourire en regardant le ciel bleu
- Vous devez jongler entre la poussette et les biberons
- Partir à l'improviste pour une destination inconnue est totalement inconcevable
- Vous ne pensez jamais à utiliser le vélo dont la roue est crevée (peut-être même les deux) dans la cave
- Prendre le petit déjeuner ailleurs que dans la cuisine vous paraît insensé et ne vous arrive jamais
- Vous avez moins de 3 peluches dans votre lit
- Le lit est toujours fait chez vous
- Les oiseaux qui piaillent le matin vous empêchent de dormir

Et tout plein de choses. J'ai lu des listes de ce type ailleurs, qui évoquaient des antiquités comme les disquettes ou les opérateurs de téléphone (pas Orange, mais de vraies personnes qui connectaient les gens au siècle dernier) ou encore des télés noir et blanc. Mais celle-ci est personnelle, j'espère que certains s'y reconnaîtront !

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