Une pièce de monnaie est très représentative de tous ces choix que nous effectuons tous les jours, à chaque heure, chaque minute. Ces décisions, pour la plupart machinales (thé ou café?) sont pour la plupart anodines, mais bien souvent ne portent que sur un seul choix, et se limitent à un "oui" ou un "non" pourtant fondamental. Bien que le langage mette à notre disposition une ribanbelle d'adjectifs et adverbes permettant la nuance, on se trouve parfois démuni face à des décisions à prendre qui demandent une réponse crue "Oui/Non".
Tout cela a un peu des airs de pétales de marguerite qui tentent de nuancer un sentiment. Je t'aime ... un peu ... beaucoup ... passionnément ... à la folie ... ou pas du tout. Ici un seul non, et toute une déclinaison du sentiment amoureux existant. Est-il inutile d'avoir d'autres manières de dire non? Afin d'atténuer la dureté de cette phrase. Mais je pense que dans ce domaine en particulier, envelopper son propos fait durer une sorte de suspense un peu malsain qui finit par blesser. Les figures de style ne manquent pas pour nuancer, voire même tromper l'autre qui ne saisira pas le figuré. Derrière ces mots se cachent des images ou des non-dits; des choses que l'on ne peut pas
Ce "oui", ce "non" rappellent très bien la dualité qu'on aime tant. Une façon de nous laisser la liberté de choisir notre position entre ces deux extrêmes, de nous laisser trouver un équilibre bien à nous. Mais entre bien et mal, entre -1 et +1, y a-t-il seulement le "neutre". Celui que personne ne remarque car il ne suscite ni l'admiration, ni l'horreur. La plupart des gens est probablement proche de ce neutre; je pense que chacun cherche à se montrer unique par les choix qu'il effectue, mais qu'inconsciemment il plonge dans la masse neutre, certes un peu fade, mais sûre. L'unicité accordée par les gènes devient ainsi noyée dans les comportements bien similaires des uns et des autres.