Samedi 14 juillet 2007
"Au grand loto de l'univers, j'ai pas tiré le bon numéro"

Aujourd'hui je ne parle pas de moi; je parle pour tout ceux qui n'ont pas notre chance de tenir debout seuls, de respirer seuls; ceux qui depuis on vu un sablier s'installer au-dessus de leur berceau comme une épée de Damoclès, qui se terminera à l'heure due.

Eux qui n'ont rien demandé à personne, qui sont venus au monde pour faire la joie de leurs parents, ces mêmes parents qui apprendront quelques jours/semaines plus tard que leur enfant est condamné. Condamné à profiter de la vie cinq fois plus car leur vie sera cinq fois moins longue; à absorber maintes tablettes de médicaments par jour. Sans parler des séjours répétés à l'hôpita tout au long de leur vie. Une injustice que seule la recherche peut arrêter.

Je m'en veux parfois de ne pas faire plus pour ces enfants; j'ai déjà donné au Téléthon, et je fais la propagande en faveur du don d'organes depuis qu'une amie d'enfance, à l'âge de 13 ans, a subi une double greffe qui lui a sauvé la vie. Je n'étais qu'au collège à l'époque, mais j'avais été très impressionnée déjà par l'injustice. Qui choisit ce déterminisme? Qui écrit ce livre parfois si morbide? A part ce hasard contenu dans les gènes. Il paraît que les avancées dans la science sont risquées, je pense notamment au clonage de cellules des embryons, qui pourtant sauver des vies. Une position sage, politique aussi, mais égoïste et insensible à la douleur des familles. Il n'y a pas de bonne réponse à cela.

Ceux qui me connaissent savent combien je suis contre l'avortement; bien sûr, il est facile d'affirmer cela lorsqu'on n'est pas dans le moment de décider pour soi, vous direz. Disons que je ferai tout pour contrôler la naissance de mes enfants, les pilules oubliées ça ne me connait pas, on ne plaisante pas avec ces choses-là. Et pourtant, si on me demandait de tuer un embryon porteur d'une maladie génétique grave, je le ferais. Pour sauver cet enfant d'une vie si courte, mais aussi, égoïstement peut-être, pour me préserver, pour m'éviter des angoisses, celles-ci qui existent déjà avec des enfants nés en parfaite santé. Une exception majeure à mes principes, donc ... A croire que les principes n'existent que pour mieux trouver des exceptions.


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Vendredi 13 juillet 2007
"J'ai besoin de renaître, Ouais et ça m'rend forte"

Je suis née une première fois, c'était un dimanche ensoleillé de juillet; puis j'ai grandi dans l'univers protégé du cocon familial où la liberté est davantage qu'une notion, où on nous laisse essayer nos bêtises pour que l'on comprenne vraiment la portée de nos actes et la valeur des choses. Dans un sens strictement scolaire je pense n'avoir jamais croisé d'obstacle, 1ère en classe durant toute la primaire à l'exception du CM2 où je n'étais que seconde, on me l'a pardonné, je n'avais en effet pas fait la classe précédente, et le premier en question a eu 18 au bac S,  cela pouvait expliquer mon échec relatif ... Après mon bac,  je suis partie à Paris pour y vivre la grande vie tout en profitant d'un influx de savoir dû à la classe prépa, qui était secondaire à côté de mes sorties nocturnes. J'étais heureuse, je vivais, enfin; et la vie me souriait.

Un jour ... un certain 8 mai ... ma vie s'est tout d'un coup effondrée sous mes pieds, comme pour me punir d'avoir voulu profiter d'elle quelques mois durant. Ma descente aux enfers a commencé. Elle a débuté par des envies de disparaître de la surface du globe via des cocktails maison de substances chimiques. Les nuits sans sommeil se sont accumulées, je contemplais le plafond pendant des heures du jours et de la nuit, prostrée, à trembler d'angoisse sous ma couette, au téléphone avec quelques amis qui m'ont aidé à remonter douloureusement. Cette main tendue m'a amenée à des psychiatres et à des cocktails un brin plus savants et dosés que les miens, le cocktail "nuit" qui me jetait dans une apathie assez agréable, où le noir n'a plus de couleur, et où les contours des objets deviennent flous, où on a l'impression que l'on s'enfonce dans le sol. Une fois réveillée je prenais le cocktail "journée" qui me faisait tenir debout et entendre les voix des autres notamment les profs (à l'exception pour le prof de philo dont la voix me berçait et finissait par m'endormir). J'ai suivi une/des thérapies, aussi, dont je sortais invariablement en pleurant et en tremblant. Il paraît que la renaissance passait par une souffrance, et que c'était normal.

J'ai mis longtemps à sortir de l'engrenage; jusqu'à ce que mes amis me secouent, me forcent à jeter ces plaquettes de drogues licites, me ressortent lors de rechutes. Aujourd'hui je suis tout autre. Je suis méfiante, et noire dans mes jugements des gens; je ne veux personne autour de moi qui ait cette attitude de mal-être, cette sensation de s'être perdu; j'ai trouvé un chemin, et suivre quelqu'un à travers champs ne m'aiderait qu'à me perdre une nouvelle fois. Je suis à la recherche d'une personne qui acceptera mes démons et de me montrer un chemin stable sans trop de mauvaises herbes à arracher sur le passage, sans ronces de préférences. Un chemin que nous parcourerons main dans la main tranquillement et sans hésiter, qui sera notre petite bulle à nous.

Je ne crois pas que les épreuves rendent fortes, c'est une espèce de proverbe que beaucoup racontent pourtant. Cela m'a rendue fragile au contraire; cela me fait croire parfois que des choses sont insurmontables. Cela a attisé ma peur envers beaucoup de choses et de gens. Les années peut-être me feront un jour bénéficier de cette force, cette sérénité que je n'ai pas trouvée encore suite à ma renaissance.


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Jeudi 12 juillet 2007
" Apprendre à se connaître à s'apprivoiser et à laisser une belle amitié s'installer"

Réaction à un petit mot posté par Sérénité aujourd'hui. Peut-être est-ce que je le sors de son contexte initial (non précisé, je prends donc la chose pour une affirmation générale). S'apprivoiser, s'adapter aux différences, c'est aussi apprendre à vivre baigné dans une culture qui n'est pas la sienne, mais dans laquelle on se doit se puiser un oxygène pour continuer à respirer.

J'ai vécu un an en Asie, dans un lieu certes anciennement anglais, à savoir Hong Kong, mais qui est terriblement chinois malgré ce que le monde en pense; il n'y a que 4% d'étrangers sur les 7 millions d'habitants, c'est dire. La culture chinoise est différente de notre culture française par plusieurs aspects.

Tout d'abord, le travail: Le Chinois travaille pour vivre pendant environ 10 heures par jour, voire davantage, et sans profiter du repos dominical, et bénéficiant d'une semaine de congés annuels. Impensable pour un Français qui ne travaille que pour avoir ses congés payés en Août. La valeur du travail est sociétale partout ("tu fais quoi dans la vie?" est une question courante partout) mais encore plus reconnue dans ces pays, où ne pas travailler est un gouffre financier (pas de chômage) et une preuve de flemmardise  qui rejaillit sur toute la famille.

La valeur du temps est également extrêmement différente. En Chine, il faut du temps. Pas seulement parce que les distances sont grandes; mais surtout parce que les habitants aiment prendre leur temps pour considérer les alternatives et les négociations de près. On pourrait illustrer l'examen d'un problème comme une séance de shopping. Le Français fait le tour du magasin, commence par la droite (90% des gens, c'est connu), va au fond, puis revient et fait enfin son choix. Le Chinois, lui, va faire plusieurs tours de magasins, en employant des chemins différents, serpenter un peu entre les rayons, comparer les objets, puis finalement faire son choix. Il existe une réflexions qui est par conséquent plus profonde sur beaucoup de sujets. L'objet acheté au final peut être identique ... ou différent. Les arguments qui ont accompagné l'achat ont pu également être différents.

Je me suis sentie plutôt à mon aise dans cet environnement; non que j'ai réussi ou même essayé d'adopter cette manière réfléchie de penser. Mais je l'ai comprise et respectée, et cela m'a beaucoup aidé à appréhender mon travail comme ma vie personnelle sur place dès lors où il y a avait intéraction avec des Asiatiques.


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Mercredi 11 juillet 2007
bulle.JPG
"It only makes it worse to live without it, but  let's talk about it, wouldn't it be nice ?"


A chacun sa petite bulle; c'est quoi une bulle, d'ailleurs? Je pense que c'est un endroit bien à soi, où on peut faire ce que l'on veut sans avoir quelqu'un qui nous reproche de voir tout en noir,  où l'on se sent bien, où l'on s'aime soi. Je vois la bulle aussi un peu comme une Utopie personnelle. Un joli monde qui n'existe pas et qu'on aimerait créer pour que les autres soient aussi heureux que nous; Il faut pourtant penser qu'on n'a pas tous les mêmes attentes de cette bulle, et c'est pour cela qu'elle reste personnelle. Mais savoir cela n'empêche pas d'inclure les autres dans notre bulle ...

Dans ma bulle, il fait toujours beau, le ciel est bleu, le soleil ne brûle pas la beau, l'air est doux. J'habite une petite maison au bord de la mer, avec un grand jardin fleuri. Une balancelle devant la maison pour y contempler l'océan. Mes amis n'habitent pas loin, ma famille non plus, car je ne peux pas vivre sans eux, même en bulle; ma bulle inclut les gens que j'aime et n'est pas un lieu solitaire où je m'enferme pour rêver. On entend des bruits de nature, des oiseaux chantent, écoutez ... On se roule dans l'herbe fraîche avant d'aller se baigner. On foule le sable de ses pieds tout en discutant avec les autres. Dans ma bulle, les gens sont ouverts aux autres à et leurs idées; personne ne critique quiconque gratuitement, la franchise tranquille est présente. La vie s'écoule paisible. Paris n'est pas loin , Hong Kong non plus. On vogue en tapis volants, silencieux dans le ciel.

Vous venez?
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Mardi 10 juillet 2007
"It took you so long, it took you all night"

Est-ce une caractéristique si féminine que l'impatience? Peut-être. Je dirais qu'il y a deux types d'impatience: la bonne et la mauvaise. Dans la bonne impatience, j'inclus l'excitation d'attendre quelque chose, un sourire éclaire le visage de l'impatient(e). Dans la mauvaise, je dénote toute l'exaspération d'attendre des personnes ou des colis en retard.

Comme vous l'aurez deviné, je fais partie des ces personnes qui s'exaspèrent pour un rien, qui n'attendent que 15 minutes et s'en vont si la personne n'a pas pointé son nez, qui arrivent toujours  en avance aux rendez-vous de peur d'être en retard... Vous croyez que c'est un TOC? Il est vrai que c'est une véritable obcession, que j'essaie un peu de combattre en me forçant à partir plus tard quitte à passer l'aspirateur juste avant de partir (du coup c'est très propre chez moi ! oups, je vais passer pour une vraie maniaque).

Tout le monde me dit "patience, ça viendra". Mais non, y'en a marre parfois ! A quoi bon attendre des choses quand cela n'arrive jamais? Ces personnes qui me raisonnent ne doivent pas comprendre ce que je ressens à attendre; ça n'est pas parce qu'ils sont, eux, patients, qu'ils me disent de l'être. C'est juste que eux , ils ont atteint leur but, du coup ils essaient de rassurer les autres comme quoi pour eux aussi ça arrivera. C'est bien joli, ça; mais vous croyez que ça rassure? Ca exaspère encore plus, oui ! Alors arrêtez de me dire d'attendre tranquillement sur mon banc à ne rien faire. Je préfère encore me dégourdir les jambes à tourner autour, ou le repeindre, ou le déplacer. Impatiente je suis, impatiente je resterai. Il y a des traits de caractère que l'on ne change pas chez soi comme chez les autres.

Idem pour ceux qui disent "plus que X mois, X jours, etc"; tellement facile à dire ! Et si difficile à entendre et à vivre.  Je ne prends pas cela pour de la méchanceté, plutôt pour de la compassion (ou un essai de compassion). Mais la compassion n'est qu'illusion, car il est impossible de se mettre à la place des autres; au mieux on peut être son reflet, mais c'est encore loin de la copie parfaite.

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Lundi 9 juillet 2007
"I had the time of my life, I never felt this way before"

Bizarrement, j'ai tendance à associer les meilleurs moments de ma vie à des voyages; comme si j'étais plus heureuse hors de chez moi? Je verrais la chose autrement. Certes, je voyage beaucoup, donc finalement tout ce temps hors de chez moi (au fait, c'est où, chez moi?) prend une partie considérable de ma vie. Mais surtout, dès lors que l'on sait qu'on est dans un endroit pour une durée déterminée, on a tendance à essayer de profiter davantage, des gens, des paysages, des moments passés. Le bonheur chez soi, ou en famille, est plus tranquille, si stable, si assuré. Quand je suis en famille, je ressens comme un bien-être constant; je suis invincible.

Les bons moments, ceux qu'on oublie le plus facilement? Je me demande souvent. Lors d'une précédente relation, ou plutôt vers sa fin, j'avais fait une liste de "nos bons moments". Je suppose que cela ne se fait pas. C'est pourtant une excellente manière de s'en souvenir, et d'essayer d'éradiquer les mauvais moments plus efficacement. Peut-être que pour les moments à passer, il faudrait prévoir une liste de toutes les bonnes choses qui nous sont arrivées jusque là. J'ai une liste très longue, comme pas mal de monde. J'ai juste tendance à les oublier lors des moments noirs.

Quelques exemples de bons moments dans ma tête ...
- mon arrivée à Paris en juin 2007, après 10 moins d'absence, passés loin de la France; un air de ville que j'aime, une liberté
- séjour d'une semaine à New York pour Noël 2007, avec ma famille. A peine arrivés, on déballe toutes nos provisions interdites passées sans encombre à la douane, foie gras fait maison y compris
- petit séjour de quelques jours avec un ex au bord de la meren 2006; paisible ...
- sortie avec une amie et son petit neveu de 3 ans à Hong Kong au bord de l'eau; éclats de rire innocents pour faire sortir de la morosité des 55h/semaine
- séance de photo  improvisée avec deux amies, dans un parc très chinois de Hong Kong; nous trois en costume pakistanais
- trois jours de liberté à Shanghai à faire les courses; là-bas, les rues commerciales sont autant dehors que sousterraines

Et tout plein d'autres chose encore. C'est beau la vie, parfois.
Il faut lui sourire, pour qu'elle nous sourit :)

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Dimanche 8 juillet 2007
"Attendre le courrier comme on attend le Père Noël"

J'avais une jolie surprise aujourd'hui sur le pas de ma porte; un joli courrier, écrit par plusieurs personnes, pour me montrer que malgré la distance qui nous sépare, j'existe toujours. C'est si bon de découvrir cela, on se sent vraiment avoir 7 ans, tout à coup, le matin de Noël, devant les cadeaux à ouvrir (avec mon frère, nous nous levions à 4h du matin pour aller tout ouvrir ! Une vraie connivence qui me fait sourire à présent, un sourire un peu nostalgique). Je n'ai plus 7 ans, mais je réagis toujours de la même façon devant une surprise. Quelque chose dont j'ignore le contenu, un joli emballage. Une sorte d'excitation, un réflexe immédiat de la question sur la provenance et la nature du contenu.

J'adore le courrier; j'envoie d'ailleurs probablement davantage de lettres par mois que la moyenne des gens, même si j'habite loin et que du coup cela prend plus de temps pour arriver au destinataire. Si je le fais ... c'est tout d'abord parce que j'aime écrire, mais surtout que je me projette dans l'esprit de la personne qui recevra ma précieuse missive, aussi inintéressante qu'elle soit. Le courrier écrit a en effet pris une valeur depuis l'email, par sa rareté ! Moins on reçoit de lettres, plus on les apprécie.

Je fais facilement ce parallèle avec mon blog: Depuis que je le tiens, je n'écris plus dans mon journal. Pourtant, je ressens un manque, un besoin de saisir mon stylo et d'ouvrir mon carnet. Comme si les choses étaient dites différemment. Je me fais pourtant l'effort relatif d'écrire d'un seul jet, sans corrections autres que les erreurs de frappe. Mais... cela reste différent. Pas seulement parce que je suis lue; après tout, j'ai écrit pour être lue, en un sens; pour partager des choses qui me traversent la tête. Le journal écrit a une vertu plus libératrice; Un jour où je vois tout en noir, où les démons du passé vont m'envahir, je vais aller le chercher pour le délester de sa poussière, et coucher ces idées noires, comme pour les éradiquer. Me donner le recul nécessaire, relativiser. Je sais, il y a des choses qui ne se relativisent pas, pas même du fait de leur distance temporelle éloignée. Des choses qui ne s'oublient pas ... Mais le journal, l'écrit reste un support qui m'aide lors de mauvais passages. Et vous?

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Samedi 7 juillet 2007
"Forever young, I want to live forever young"

A force de vouloir grandir trop vite, on vieillit trop tôt ... Pourquoi veut-on sans arrêt forcer la maturité. Les gars laissent pousser un bouc, les filles s'acharnent sur leur boîte de maquillage. Je ne fais pas exception, j'ai commencé très fort à 12 ans; si j'avais su que j'allais grandir trop vite, je ne l'aurais pas fait, je serais restée la pureté avec ma peau pâle sans artifices. Mais on ne peut pas prévoir les obstacles. Et après tout, c'est la mode au collège, au lycée, d'avoir l'air plus âgée.

Je croise parfois en ville des filles de 13 ans qui font du shopping entre copines; à cet âge-là je les faisais avec ma mère, qui gentiment payait pour toutes mes envies. Où va la maturité maintenant? Des filles de 14 ans ont leur bac et vont à la fac; j'ai fait l'expérience, une fille de ma prépa avait deux ans d'avance ... un petit génie, complètement retardé pour son évolution personnelle. Décalée dans son milieu. A quel point en souffrait-elle, s'en rendait-elle même compte?

A partir de 20 ans on commence les crèmes anti-âge ! On ne veut plus grandir. La vie est comme une montagne, on monte jusqu'à 20-25 ans, où le corps atteint son apogée en terme de beauté et de performance (ça se discute, je sais), puis on redescend, inexorablement. Jusqu'à la rivière où l'on tombe. On a hâte de monter, d'arriver au sommet, c'est si beau la vue de là-haut; tout se précise, l'avenir, le recul sur le chemin parcouru. Après un bref coup d'oeil on commence la descente d'un pas tranquille. Arrivé en bas, on regarde la montagne, en arrière, on repense au chemin, c'est passé si vite finalement. J'aurais peut-être dû photographier davantages d'endroits, caresser des marmottes ou cueillir des fleurs. Mais c'est trop tard.

Trop tard. C'est terrible. Quand on est trop tôt tout peut se rattraper. L'inexorable, le limité est terrible. Il fait si peur, en soi. Ce vide, cette rivière qui nous attend. Y a-t-il des poissons dedans? Il paraît que les oiseaux de ce ciel au-dessus de la rivière sont des anges. Avec des ailes blanches. Qui sont donc les poissons? Ceux qui n'ont pas eu le droit de s'envoler? La montagne est si belle vue de là-haut...

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Vendredi 6 juillet 2007
Hé oui, je serai moins présente sur mon blog les jours qui viennent, car j'ai tout plein de cours qui m'occupent toute la journée.
J'ai en effet le malheur (le bonheur ? surtout pour ceux qui en sont sortis, oui) d'être encore étudiante,  avec des horaires curieux, parfois même le samedi. Que voulez-vous ...

Je vous souhaite à tous un agréable week-end !
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Jeudi 5 juillet 2007
" Qu'il est difficile d'être heureux"

"Tu as tout", "tu as tout pour être heureuse"; combien de fois ai-je entendu ces deux phrases. Tellement que j'en vient à maudire cette pseudo bonne étoile, ce bon numéro que j'ai tiré au lotto à ma naissance.

C'est sûr, si être heureux c'était avoir un physique potable, de l'argent et un futur que d'autres envient, je serais au comble du bonheur. D'ailleurs je ne doute pas un instant que des jeunes filles m'envient. Le problème c'est que cela ne me réconcilie pas avec le vrai bonheur. Celui-ci, ça serait la confiance en moi, une estime de moi que je n'ai jamais eue, ou alors que j'ai perdue. Ca serait de m'aimer lorsque je me regarde dans le miroir ou dans les yeux des autres.

Ceux-là, les mêmes que ceux qui m'aiment tant; je n'ai jamais compris pourquoi, d'ailleurs. Un esprit torturé, une jeune fille un peu paumée par moments, qui fait du mal sans le savoir en abandonnant, souvent. Ils me renvoient une image où je ne me reconnais pas, ils se trompent. Je ne veux pas les tromper, "I am what I am", la réalité est toujours moins jolie que les contes de fées.

Le bonheur est-il la satisfaction de besoins, ou la suppression des manques? Doit-on penser en positif ou négatif? Cette question n'a-t-elle aucune importance car au fond tout se rejoint à un moment. Je pense qu'elle en a, car pour trouver le bonheur il faut agir, faire des efforts sur soi, sur les autres; il est donc utile d'avoir une carte de route. Supprimer les manques semble plus facile, car en général on a davantage idée de ce qui nous manque, que ce que l'on veut réellement., qui s'élève peut-être au-dessus des manques. Malheureusement pour moi, ce qui manque est finalement assez rarement matériel; quand on veut on peut, et j'ai les moyens de pouvoir dans mon futur. Quant à avoir les moyens de satisfaire des besoins, en comblant un besoin immatériel, il ya un pas. Savoir s'ouvrir est une option considérable, avec tous les risques qu'elle comporte. Pas gagné ...


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