Je trouve que cela arrive bien trop souvent, de devoir s'excuser d'être comme on a été créés; et pourtant, si la Nature a fait de son mieux en ces
quelques sept jours, ceux-ci sont maintenant transformés en neuf mois, ce qui devrait augmenter la qualité de l'objet final. Mais voilà; on parle ici de sujets, tout se complique; chacun accumule
qualités, défauts, tous traits qui n'existent que par la subjectivité de chacun. Ce sont des perceptions, et non des faits. Dès lors, on ne peut finalement rien appeler qualité ou défaut, d'autant
que notre perception de nous-même peut ne pas être très juste à ce sujet.
Devrait-on alors, anticipant des critiques, s'excuser de ce que l'on est? Alors même qu'on ne connait pas encore la réaction de l'autre. Je me trouve souvent dans cette situation lorsque je dois
avouer, menu en main souvent, que je suis végétarienne. Et là, bien souvent, un concert de récriminations m'attend, un brin atténué par mon air contrit :"ah bon? Vraiment, tu es difficile", "tu ne
manges rien alors", "tu dois avoir plein de carences", etc. Je me retrouve alors invariablement à me justifier, ce qui semble ridicule. Je justifie mon mode de vie; est-ce même possible?
Est-ce que tout s'explique dès lors qu'on parle d'un être humain et de ses goûts, ses désirs ? J'en doute.
Je ne dis pas, toute égocentrique que je suis, que ce que je suis est bien; je défends mes choix, dès lors où un inconnu les attaque, souvent par ignorance. Comme je le disais dans l'article
précédent, il perd une occasion de se taire ... et au passage de me juger. Car au travers de mes traits de caractères, de mon mode de vie, c'est ma personne qu'il juge, vu que tout a une cause
intrinsèque, directe ou pas. Tout cela pour une simple question de viande ou de poisson.